• bernadette desage

Voyage au coeur passion livres

Dernière mise à jour : 25 mars

Le temps des bouquineurs 19 Février 2022



Combien il est bel et bon, le temps de partage de nos lectures.

Combien il est réconfortant de parler de tant de livres qui nous font voyager d’Islande au Japon via le pays catalan. Ce n’est certes pas le chemin le plus rectiligne mais ce sont les méandres qu’empruntent nos mémoires, parfois nos vies et nous font citer Francis Ponge entre un manga et une bande dessinée.

Contrairement à certains critiques germanopratins qui ne doutent de rien, nous pensons qu’il n’y a pas de mauvaise lecture, qu’il est important de pouvoir croiser nos perceptions respectives à propos d’un ouvrage (Betty de Tiffany Mac Daniel et d’autres) et qu’il est infiniment respectable de continuer à fréquenter la littérature classique.


Après cet inventaire incomplet de nos préoccupations, voici les livres dont nous avons parlé :


La librairie de tous les possibles Shinsuke Yoshitake auteur et illustrateur Editions Milan 2018

Attention, fort risque de dépendance : ce livre a un sortilège : on le lit puis on le relit puis on recommence et à nouveau. Car on veut mieux appréhender une expression, examiner une illustration, sourire à nouveau.


Sonia nous en parle avec passion.

Il faut dire que notre club de lecture se déroule dans sa librairie installée dans la partie de l’auberge, nommée « salle des possibles » et où ont également lieu les multiples activités culturelles et créatives de l’association Le Temps des Possibles.


Avec les livres, il est des rencontres comme des rendez-vous.

C’est un hasard, une médiathèque et l’amitié qui ont conduit Sonia vers cet ouvrage.





Découvrons-le avec elle : « C’est une librairie spécialisée dans les livres sur les livres. Quand un personnage vient demander un nouveau livre au libraire, un marque page introduit le nouveau chapitre »









Présentation de l’auteur par les Editions Milan : Né en 1973 à Kanagawa, Shinsuke Yoshitake est diplômé de l’université de Tsukuba en arts plastiques. Ses dessins capturent des tranches de la vie quotidienne avec originalité et humour. Il est l’auteur d’illustrations pour la jeunesse, de couvertures de livre, d’essais illustrés et de nombreuses autres œuvres.

Résumé

« Tout un tas de clients fréquentent la Librairie où tout est possible, dans laquelle on trouve tant les livres dont on rêve que des accessoires de lecture rêvés, ou encore des livres sur des métiers incroyables liés au livre. Un livre pour tous les amoureux du livre, qu'ils soient jeunes ou plus vieux : Yoshitake propose des petites histoires pour répondre à chaque demande de client. Des histoires tour-à-tour drôles, poétiques ou plus sensibles. »


Dans La librairie de tous les possibles, les chapitres sont annoncés dans un marque page horizontal. Parmi ceux-ci, vous trouverez entre autres :

L’arbre des écrivains

Le livre au clair de lune : « On ne peut le lire que par une nuit de pleine lune, avec un ciel bien dégagé » « A savoir : à la lumière d’un croissant de lune, seul un croissant de texte sera disponible »

L’appareil à couvertures : désopilant

L’école des libraires de choc

Le village où il pleut des livres : c’est le domaine du merveilleux, nos rêves les plus fous sont exaucés dans ces pages

Bibli-biblio- bibliothèques (1) : « Les livres rangés sur les étagères d’une maison ont un seul propriétaire,

Mais ceux des bibliothèques débordent d’espoir »


Extrait :

« Nous sommes comme des livres. Chacun d'entre nous est sa propre histoire. Les autres ne la connaissent pas. Nous attendons que quelqu'un nous trouve. Nous espérons toujours que quelqu'un lira en nous. Certains ont du succès, d'autres non. Mais chaque rencontre change un peu notre vie Chaque rencontre est une fête. Comme les livres, nous pouvons être lourds, et nous sommes fragiles face au feu et à l'eau. Nos couleurs se fanent, et nous nous ridons. Le corps finit par s'user, mais l'esprit, lui, survit. Et puis de nouveaux livres, encore inconnus, viennent grossir le monde. C'est pour cela.... ....que nous aimons les livres. »

Pages 78 et 79


Ce livre convient à un public enfant, ado mais aussi adulte.



L’une d’entre nous part en Islande. Nous évoquons La mélancolie des baleines de Philippe Gerin.

On n’en a jamais vraiment fini avec ce livre qui ne nous quitte pas ou est-ce nous qui ne voulons pas quitter cet univers onirique à l’identité si forte ? (Voir rubrique parlons livres)

Nous avons lu son roman précédent : Les voyages de Cosme k 2019 Editions Gaia.


Sonia : « L’auteur dès le début embarque le lecteur avec les personnages. Ceux-ci sont complexes, torturés et néanmoins décrits en quelques pages. »






Sur Radio Laser le 7 Mars 2020, Philippe Gerin parle de Cosme : « Quelqu’un qu’on aime accueillir, quelqu’un par qui on est attiré, lui, semble ne jamais pouvoir s’attacher aux être et aux lieux » à partir de 5 mn 48 d’écoute)

Il évoque aussi « le fil rouge qui relie ces voyages. »










Résumé éditeur :

« Un jeune homme fuit son passé et trouve refuge dans l'errance. Au bord du cercle polaire en Norvège, sur les rives sauvages du lac Baïkal ou dans la modernité enivrante de Singapour, des inconnus l'accueillent avant que la route, pourtant, ne le reprenne. Tous l'appellent Cosme K. Alors qu'il aborde les confins du monde connu, son frère se lance sur ses traces pour réconcilier leur destin. Traversé par la culpabilité et le pardon, un roman initiatique qui se déploie dans des paysages majestueux. »

Extrait :

« Il faut que tu voies l'hiver. Ne pars pas avant d'avoir vu l'aube bleue glisser sur la lande couchée et sur les rochers pointus, lorsque le jour ne vient jamais. Ne pars pas avant d'avoir ressenti sur ta peau les lumières d'un ciel strié d'aurores boréales. Ne pars pas, pas encore. »


Une vidéo très belle et onirique Errance visible sur YouTube a été réalisée par des étudiants en Arts plastiques de Rennes à partir du livre.



Nelly nous présente deux BD.

Peau d’homme Editions Glénat 2020 Hubert et Zanzim




Elle nous narre la trame :

« De génération en génération, les femmes se passent une peau d’homme qui leur permet de mieux connaitre leur futur époux mais aussi le monde des hommes. Il y a toute une symbolique et une réflexion sur le genre »








Résumé éditeur :

« (…………) Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d'homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité. La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l'objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l'instrument d'une domination à la fois sévère et inconsciente ? »


Extrait :

« Et alors ? J'ai un corps et je n'en ai pas honte. En soi, il n'est ni bon ni mauvais. Ce n'est pas lui le problème : c'est ton regard qui est sale ![......] Si tu étais aussi saint que tu le prétends, tu ne craindrais pas la vue d'un corps, même celui d'une femme nue ! C'est ta concupiscence qui te fait voir les femmes comme des tentatrices lubriques. C'est parce que tu es obnubilé par ton propre désir que tu les veux couvertes de la tête aux pieds. »


Critiques presse :



CNLJ 14 mai 2021

Une œuvre multi-récompensée, notamment par le Fauve des lycéens au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2021




ActuaBD 13 juillet 2020

Un conte philosophique qui aborde la question des genres -masculin et féminin- et le poids des conventions qui pèsent sur nos sociétés depuis des temps antédiluviens sans qu’on n’en comprenne plus ni l’origine, ni le sens, mais qui recouvrent des vrais enjeux de pouvoir. Le tout exprimé avec légèreté et grâce par le dessin lumineux de Zanzim. Incontournable.


Liberation 22 juin 2020

Dans l’Italie de la Renaissance, une demoiselle s’affranchit des carcans. Un conte poétique et fort sur le genre, ancré dans le parcours de ses auteurs, dont l’un est mort récemment.


De nombreuses autres critiques, sont unanimes.

Cette œuvre a remporté de nombreux prix






La différence invisible


La Différence invisible est un album de bande dessinée (ou un roman graphique) sur une autiste Asperger. Le scénario est de Julie Dachez, qui présente sa propre histoire, avec des dessins de Mademoiselle Caroline. L'album est publié en 2016 par Delcourt.

Dessin: Mademoiselle Caroline

Genre(s): Autobiographie, bande dessinée éducative

Scénario: Julie Dachez

Thèmes: Handicap invisibleSyndrome d'Asperger

Genre (s): Autobiographie, bande dessinée éducative





Nelly nous dit : « C’est éclairant, cette histoire vraie d’une jeune femme. Une maman a eu connaissance de cette femme dans un groupe de paroles et a aidé à faire le lien et à mettre des paroles, précisément »










Résumé éditeur :

« Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente. Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables, proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée. »



Extraits :

« C'est à vous que je veux dédier cette BD. Vous, les déviants. Les "trop comme ceci" ou les "pas assez comme cela". Vous, qui par votre simple existence, transgressez les normes établies. (...) Votre différence ne fait pas partie du problème, mais de la solution. C'est un remède à notre société, malade de la normalité. »


« - Allô ? Florian ? Ça y est. Je suis sortie... - Alors ? - Alors c'est officiel. JE SUIS ASPERGER. - Tu m'étonnes... - Je suis super contente ! - Oui, enfin... t'es quand même autiste, hein ! (...) - Champagne !!! - Eh ben... ça doit vraiment être une bonne nouvelle... - Mais oui ! C'est normal que je sois "anormale"... c'est génial ! »

Critiques :



Culturebox 26 janvier 2017

La BD qui sort l’autisme Asperger de sa bulle

Lire la critique sur le site : Culturebox


BoDoi 11 octobre 2016

L’album fourmille d’astuces graphiques pour rendre l’oppression du bruit ou l’épuisement généré par les interactions sociales. La justesse des dialogues sert parfaitement les situations du quotidien.

Lire la critique sur le site : BoDoi


LaFabriqueaBulles 11 octobre 2016

Un bon support pour parler de l’autisme autrement, auprès de tous les publics. Afin de rendre visible l’invisible.

Lire la critique sur le site : LaFabriqueaBulles


Telerama 07 septembre 2016

En jouant habilement avec la typographie, les couleurs et les cases, la dessinatrice a insufflé ce qu'il faut de rythme et d'émotion pour transformer ce riche témoignage en une histoire passionnante.








Editions de La Renarde Rouge 2006

Recueil d’Haïkus sur le thème des chats











Stonewall, Editions Abstractions 2021

Recueil collectif dont les fonds sont versés à Urgence Homophobie


« Ce recueil réunit une centaine de textes, en majorité inédits : textes en prose, nouvelles, théâtre, poèmes, haïkus, chansons, slams, insérés en cohérence au fil des pages. Un parti pris formel, désiré et assumé, d’être hors des cases pour incarner l’expression même de la diversité.

Thématiques LGBTQI+, liberté, résilience, désir, transgression, révolte, amour : Stonewall a été conçu comme un voyage littéraire et artistique où le pouvoir de l’Art se fait l’écho de voix plurielles et uniques. Livre-libre qui dévoile la richesse de ses regards sur chaque page, et invite le lecteur à briser les murs. » Note éditeur






Vous trouverez dans la rubriques Parlons livres, des informations complémentaires sur cet ouvrage essentiel, qui se lit très facilement tant les formats d’écriture sont différents et le contenu poétique, fracassant, troublant, édifiant et nécessaire.

Dans la rubrique Rencontres, j’ai eu la chance de pouvoir échanger avec l’un des auteurs, Olivier Poupet dont les propos nous éclairent sur la genèse de cet ouvrage.

Nous avons lu un de ces textes aux participantes. La transmission orale est nécessaire. Il faut s’emparer de cet ouvrage et le lire haut et fort au plus grand nombre.



L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zalfon écrivain et scénariste espagnol.

Publié en 2001, ce livre a été traduit en 36 langues, notamment en français en 2004.

C’est un best-seller mondial.




C’est le premier roman pour adultes de l’auteur.

Gretel : « Ce romancier a une pratique fantastique. C’est l’histoire d’un enfant qui découvre un livre dans une vieille librairie de Barcelone »
















Résumé éditeur :

« Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, "ville des prodiges" marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés.(…..)

Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets enterrés dans l'âme de la ville : L'Ombre du Vent. »

Extraits :

« Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. »

« Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s'ouvre vraiment un chemin jusqu'à notre cœur. Ces premières images, l'écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais ou tôt ou tard - et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d'univers nous découvrons-, nous reviendrons un jour. »


« Et garde tes rêves, (...) tu ne peux jamais savoir à quel moment tu en auras besoin. »



Michèle dit que cet été, elle s’est imposée « un devoir de vacances », lire A la recherche du temps perdu de Marcel Proust dans son intégralité. « Je me suis prise au jeu » « c’était mon livre de messe car je l’ai lu dans une édition ancienne »

À la recherche du temps perdu, écrit de 1906 à 1922 est publié de 1913 à 1927 en sept tomes, dont les trois derniers parurent après la mort de l’auteur.




Nous partons ensuite vers la littérature japonaise, bien connue par Michèle et Gretel.




Nous évoquons Ruth Benedict : Le Chrysanthème et le Sabre Editions Philippe Picquier 1987 pour la traduction française.

Ruth Benedict est ethnologue.










4e de couverture :

« Cet essai, écrit à distance, sur commande de l'Office of War Information, par une femme qui n'était jamais allée au Japon et en ignorait la langue, pour servir de manuel aux forces d'occupation américaines, réussit la gageure de demeurer, de l'avis général des Japonais, l'un des grands livres que l'on ait écrit sur eux. Des articles et des ouvrages ont, après lui, été publiés qui réfutent, complètent, approfondissent, réapprécient les interprétations de Ruth Benedict. Ces débats lui ont conféré la place d'une référence classique." Ce livre traite des habitudes qui paraissent naturelles et que nul ne songerait à remettre en cause au Japon. Il traite des situations où tout Japonais peut compter sur la courtoisie et de celles où il se sent honteux, des circonstances où il éprouve de l'embarras, de ce qu'il exige de lui-même." On y parle des règles de hiérarchie, de bienséance, de l'éducation des enfants, de morale sexuelle, de politique économique ... »


Il est question de Murakami dont Michèle et Gretel disent qu’il est plus facile de le comprendre quand on vit au japon.


Mishima , auteur prolifique qui enchaine les essais, pièces de théâtre et romans dont la célèbre tétralogie qui est aussi son œuvre testament : La mer de la fertilité composée de quatre romans : Neige de printemps, Chevaux échappés, Le temple de l’aube, L’ange de la décomposition.

Il fait un discours avant de se faire Hara Kiri en 1970.


Nous abordons également le thème des mangas. Plusieurs d’entre nous avons des difficultés à appréhender leur lecture. Dans une des émissions Popopop, Antoine de Caunes sur France inter précise qu’il est important d’avoir un guide pour rentrer dans cet univers.

Les pays latins sont très fans de de mangas.

Tamiguchi, fortement influencé par la BD européenne, créateur de mangas publiés dans un format à l’italienne (à l’horizontale) nous semble plus accessible

Nous approfondirons nos réflexions dans le prochain Temps des bouquineurs, consacré uniquement à la littérature japonaise et délocalisé à la médiathèque le 19 Mars prochain.

Et pourquoi ne pas parler de Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, suggèrent certaines d’entre nous ? Certes, la civilisation japonaise est au RDV dans cette satyre.



Sonia nous offre à la fin de notre rencontre, un feu d’artifice de beauté, de poésie et d’émotion :

Les souffleurs commandos poétiques


https://fb.watch/5RQ_zRjfv6/


Un joli reportage de TV 5 monde qui parle ainsi des Souffleurs : « Ce sont des activistes poétiques. Ils affirment que l'humanité se transmet de bouche à oreille, que les mots infusés de poésie réparent les maux du cœur.

Découvrez les Souffleurs commandos poétiques. Depuis vingt ans, ils parcourent le monde pour notre bien ! »


A savourer sans modération. Tout abus est excellent pour la santé.

Merci Sonia.


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