• bernadette desage

Retourner le monde

Le temps des bouquineurs Mai 2022

Retourner le Monde.


Rencontre. exceptionnelle et passionnante autour du féminisme.

Jeanne nous présente les livres qui sont pour elles des références sur ce sujet.

Sa jeunesse, sa culture et sa fougue talentueuse « dépoussièrent » notre fonctionnement et c’est très bien ainsi.

Merci Jeanne



Notre colère sur vos murs

Collages féminicides Paris Editions Denoel 2021


Résumé :

Depuis 2019, des messages féministes peints lettre par lettre sur des feuilles de papier habillent les murs des villes de France et du monde. Collages Féminicides Paris, mouvement de désobéissance civile autonome, sans leader et auto-organisé, est à l'origine de ce renouveau des modes d'action féministes. Ce livre illustré de tous nos slogans raconte notre combat, initialement parti de la lutte contre les féminicides puis pragmatiquement élargi à la lutte contre le sexisme la pédocriminalité, les LGBTQIA+phobies, le racisme et le validisme. A l'aube de la révolution féministe, une nouvelle génération militante se rassemble, lutte et s'organise afin de faire tomber le système patriarcal, colonial, capitaliste et écocidaire qui domine, exploite et détruit depuis des millénaires.


Jeanne : « l’idée c’est de retourner le monde »


Être écoféministe: théories et pratiques Jane Goudard Atal Editions l'Echappée

Oppression des femmes et destruction de la nature seraient deux facettes indissociables d'un modèle de civilisation qu'il faudrait dépasser ? : telle est la perspective centrale de l'écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes. Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd'hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans ? : critique radicale du capitalisme et de la technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, réappropriation par les femmes de leur corps, apprentissage d'un rapport intime au cosmos... Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l'auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l'aventure de la vie en autonomie, jusqu'au nord de l'Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d'alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud." -- [4ème de couverture]


.Vivre avec le trouble Donna Haraway Editions des mondes à faire 2020


L’auteure: Philosophe des sciences, Donna Haraway est professeure émérite au département d’Histoire de la conscience à l’Université de Californie à Santa Cruz. Elle est l’autrice de Manifeste cyborg et autres essais : sciences, fictions, féminismes (Exil, 2007) ; Des singes, des cyborgs et des femmes : la réinvention de la nature (Actes Sud, 2009) ; Le manifeste des espèces compagnes : chiens, humains et autres partenaires (Flammarion, 2019).Editeur

Résumé éditeur :

« Résolument impures, les histoires que raconte Donna Haraway mélan­­­gent les règnes, les époques, les registres, les matiè­res et les disciplines — mais elles se situent toujours quel­que part. Ce sont des histoires aventureuses, aussi denses de collabora­tions que de conflits, de terreurs que de possibles réjouissants. Ce sont des histoires de récu­­pérations partielles, pour bien vivre et bien mourir sur une Terre abîmée.


Le capitalisme patriarcal La fabrique éditions 2019 Silvia Federici


Silvia Federici est une militante et théoricienne féministe. Elle est notamment l’autrice de Caliban et la sorcière et Le capitalisme patriarcal.

Résumé éditeur :

Comment faire tourner les usines sans les travailleurs vigoureux, nourris, blanchis, qui occupent la chaîne de montage ? Loin de se limiter au travail invisible des femmes au sein du foyer, Federici met en avant la centralité du travail consistant à reproduire la société : combien couterait de salarier toutes les activités procréatives, affectives, éducatives, de soin et d’hygiène aujourd’hui réalisées gratuitement par les femmes ? Que resterait-il des profits des entreprises si elles devaient contribuer au renouvellement quotidien de leur masse salariale ?

La lutte contre le sexisme n’exige pas tant l’égalité de salaire entre hommes et femmes, ni même la fin de préjugés ou d’une discrimination, mais la réappropriation collective des moyens de la reproduction sociale, des lieux de vie aux lieux de consommation – ce qui dessine l’horizon d’un communisme de type nouveau.


Adieux au capitalisme Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes Editions la Découverte 2018


Jérôme Baschet est historien. Après avoir longtemps enseigné à l’EHESS, il enseigne maintenant à l’Universidad Autónoma de Chiapas, à San Cristóbal de Las Casas (Mexique). Il est notamment l’auteur de Défaire la tyrannie du présent. Temporalités émergentes et futurs inédits (La Découverte, 2018).

Jérôme Baschet vit désormais chez les zapatistes.

Résumé

Il est temps de rouvrir le futur. Et d’engager résolument la réflexion sur ce que peut être un monde libéré de la tyrannie capitaliste. C’est ce que propose ce livre, en prenant notamment appui sur les expérimentations sociales et politiques accumulées par l’insurrection et les communautés zapatistes, une « utopie réelle » de grande envergure. Pratiquer une démocratie radicale d’autogouvernement et concevoir un mode de construction du commun libéré de la forme État ; démanteler la logique destructrice de l’expansion de la valeur et soumettre les activités productives à des choix de vie qualitatifs et collectivement assumés ; laisser libre cours au temps disponible, à la dé-spécialisation des activités et au foisonnement créatif des subjectivités ; admettre une véritable pluralité des chemins de l’émancipation et créer les conditions d’un véritable échange interculturel : telles sont quelques-unes des pistes qui dessinent les contours d’un anticapitalisme non étatique, non productiviste et non eurocentrique. En conjuguant un effort rare de projection théorique avec une connaissance directe de l’une des expériences d’autonomie les plus originales et les plus réflexives des dernières décennies, Jérôme Baschet s’écarte des vieilles recettes révolutionnaires dont les expériences du XXe siècle ont montré l’échec tragique. Il propose d’autres voies précises d’élaboration pratique d’une nouvelle manière de vivre.


Jeanne évoque Murray Bookchin qui a créé le principe du municipalisme, l’écologie à l’échelle sociale et locale dans la démocratie.

"Son nom est associé à un processus politique en cours d'application dans le nord de la Syrie et est à la base du confédéralisme démocratique du Rojava . La pensée de Bookchin est clairement anticapitaliste ". Source wikipedia


Jeanne:

Rojava au Kurdistan où vivent les premières femmes à lutter contre DAESCH.

Elles remettent en question notre science occidentale et créent la gynéologie, enseignée à Harvard.


Le féminisme : requestionner le genre. Pourquoi seules les femmes s’intéressent au féminisme.

Se repenser.

Défi : être inclusif


Trouble dans le genre Le féminisme et la subversion de l'identité

Judith Butler, Éric Fassin Editions La Découverte


Note éditeur :

Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux États-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d’une identité stable. Ce livre désormais classique est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d’une contre-culture, mais bousculer l’hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s’agit pas d’inversion, mais de subversion. Judith Butler localise les failles qui témoignent, à la marge, du dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle questionne les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d’inventer de nouvelles formations du sujet. La philosophe relit Foucault, Freud, Lacan et Lévi-Strauss, mais aussi Beauvoir, Irigaray, Kristeva et Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité – nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies.


Paul B. Preciado Un appartement sur Uranus Points (14/10/2021)

Résumé :

" Je ne suis pas un homme je ne suis pas une femme je ne suis pas hétérosexuel je ne suis pas homosexuel je ne suis pas bisexuel. Je suis un dissident du système sexe-genre. Je suis la multiplicité du cosmos enfermée dans un régime politique et épistémologique binaire... Je n'apporte aucune nouvelle des marges. Je vous offre un morceau d'horizon. " Paul B. Preciado Paul B. Preciado est philosophe, commissaire d'exposition et auteur. Dans la lignée des travaux de Kathy Acker, Judith Butler, Monique Wittig et Michel Foucault, ses ouvrages, traduits dans une dizaine de langues, sont des références internationales des études queer, trans et non-binaires.

Extrait :

La personne trans est représentée comme une sorte d'exilée qui aurait laissé derrière elle le genre qui lui fut assigné à la naissance (comme on abandonnerait sa nation) et qui chercherait désormais la reconnaissance en tant que citoyen potentiel d'un autre genre. En termes politico-légaux, le statut de la personne trans est compatible à celui du migrant, de l'exilé et du réfugié. Ils se retrouvent tous dans un processus temporaire de suspension de leur condition politique. Dans le cas des personnes trans comme dans celui des corps migrants, ce qui se demande est un refuge biopolitique: être sujet d'un système d'assemblage sémiotique qui donne sens à la vie.

Marcia Burnier Les Orageuses

Cambourakis (02/09/2020)

Résumé :

Après Bâtir aussi et On n'a que deux vies, un premier roman de la collection Sorcières entre fiction, récit et texte de réflexion politique, produit dans les marges féministes et queer de la société française contemporaine. Les Orageuses raconte l'histoire d'une impossible réparation : celle d'une bande de filles ordinaires qui décident un jour de reprendre le contrôle de leur vie, ensemble, et de partir en quête de leur propre justice après avoir été violées. Un texte profondément d'actualité dans un contexte de visibilisation des violences sexuelles, tout à la fois sensible et radical, qui évoque Dirty Week-end de Helen Zahavi... en moins sanglant.


Extrait :

« Autour d'elle, à la pause déjeuner, on lui demande, Lucie ca va? Tu fais une drôle de tête, elle sent la gêne quand le mot est prononcé, mais merde à la fin, Lucie n'a pas envie de dire agression, parce que ce qui arrive aux meufs c'est des viols, voilà, y'a pas de raison d'avoir honte mais plein de raisons d'être en colère «


Audre Lorde Sister Outsider

Mamamelis (01/04/2003)


Audrey Lorde est une philosophe féministe lesbienne noire et traduit la nécessité de penser , de retravailler nos émotions.


Résumé :

Un souvenir revient dans les écrits d'Audre Lorde. C'est l'hiver à New York. Audre est dans le métro avec sa mère. Emmitouflée, elle est assise à côté d'une dame en manteau de fourrure. Elle regarde la dame, blanche, qui d'une main rageuse retire le pan de manteau qui effleure l'enfant. Une enfant Noire qui ne comprend pas et cherche désespérément un cafard, une poussière, bref une saleté justifiant ce geste. Quelque chose pour ne pas réaliser que la saleté... c'est elle. Ensuite, le regard rageur de la dame blanche qui tue l'enfant Noire de cinq ans parce qu'elle ne peut pas le nommer : le regard du racisme. Un souvenir vrillé en elle, plus qu'une douleur, une souffrance indélébile qui permet à la poète adulte d'affirmer qu'au fond, en Amérique, on ne veut pas que les Noir-e-s vivent. Audre a vécu, survécu, pour nous dire son "amérique", ses passions, ses colères, dans une série d'écrits lumineux.


Extrait

Bien qu’il soit préférable de ne pas avoir peur, savoir relativiser la peur me donne une très grande force. J’allais mourir, tôt ou tard, que j’aie pris la parole ou non. Mes silences ne m’avaient pas protégée. Votre silence ne vous protégera pas non plus. Mais à chaque vraie parole exprimée, à chacune de mes tentatives pour dire ces vérités que je ne cesse de poursuivre, je suis entrée en contact avec d’autres femmes, et, ensemble nous avons recherché des paroles s’accordant au monde auquel nous croyons toutes, construisant un pont entre nos différences. Et ce sont l’intérêt et le soutien de toutes ces femmes qui m’ont donné de la fore, et permis de questionner les fondements mêmes de ma vie.


Bell Hooks De la marge au centre

Cambourakis (22/02/2017)


Jeanne:

C’est une philosophe américaine dont se sont inspirées les luttes féministes


Résumé :

Dans «De la marge au centre. Théorie féministe», son deuxième essai paru en 1984, Bell Hooks poursuit la réflexion entamée dans «Ne suis-je pas une femme?» Elle s'intéresse cette fois-ci aux succès et aux manquements des mouvements féministes des années 1900 à 1980, qui selon elle ont échoué à créer un féminisme de masse qui s'adresse à toutes les femmes. Bell Hooks nous offre un livre coup de poing dans lequel elle pousse les réflexions dans leurs retranchements, tout en préservant un style d'écriture accessible. Elle bouleverse les représentations habituelles de la pensée féministe majoritaire en mettant sur le devant de la scène les femmes noires et/ou les femmes des milieux populaires, en insistant sur le besoin profond d'une approche révolutionnaire du féminisme.


Extrait :

« S’écrire Se réinventer S’autoriser »


Jeanne::

Le vert : la couleur du droit à l’avortement en Amérique latine

Le violet : la couleur des luttes féministes en Europe




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